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Tarifs à jour en septembre 2026

On lit partout qu’une voiture électrique se recharge pour deux ou trois euros aux cent kilomètres. Le chiffre est à peu près juste. Mais il est calculé dans des conditions qui ne sont pas forcément les vôtres, et il oublie systématiquement une partie de la dépense.

Voici le calcul complet, avec les tarifs en vigueur. Surtout, voici les deux ou trois éléments qui font que la facture réelle s’écarte du chiffre annoncé.

La réponse en bref. Recharger chez soi revient à environ 3 € les 100 km en heures creuses. Deux postes échappent pourtant aux calculateurs en ligne : les pertes de charge, qui ajoutent près de 10 %, et surtout votre option tarifaire, le levier qui pèse le plus.

Le calcul de base : consommation, tarif, kilomètres

Trois données suffisent. D’abord, ce que consomme votre véhicule aux cent kilomètres. Ensuite, le prix de votre kilowattheure. Enfin, le nombre de kilomètres que vous parcourez.

Côté consommation, comptez entre 15 et 20 kWh aux cent kilomètres, selon le modèle, le style de conduite et la saison. Une citadine légère se situe dans le bas de la fourchette, un SUV familial dans le haut. L’hiver, enfin, la consommation grimpe nettement, car le chauffage de l’habitacle puise dans la batterie.

Côté tarif, au tarif réglementé de juillet 2026, le kilowattheure revient à environ 0,194 € en option Base. En heures pleines et heures creuses, il distingue environ 0,207 € le jour et 0,158 € la nuit.

Sur cette base, cent kilomètres reviennent grossièrement à trois euros en heures creuses. En option Base, comptez un peu moins de quatre euros. Un ordre de grandeur, pas une promesse.

Les pertes de charge que personne ne compte

Voici le premier élément que les calculateurs en ligne ignorent presque toujours.

Entre le compteur et la batterie, une partie de l’énergie se perd, principalement en chaleur. Cela se produit dans le convertisseur embarqué du véhicule et dans les câbles. Selon les configurations, cette perte représente de huit à quinze pour cent de l’énergie facturée.

Autrement dit, pour stocker quarante kilowattheures dans la batterie, votre compteur en enregistre plutôt quarante-quatre à quarante-six. Vous payez pourtant la différence, et elle ne se voit nulle part.

Sur une année, l’écart n’est pas anecdotique. Il justifie donc d’ajouter environ dix pour cent à tout calcul théorique trouvé sur internet.

Une borne recharge moins cher qu’une prise

Ce point découle du précédent, et il est contre-intuitif.

Les pertes se produisent pendant la charge. Or une charge lente s’étale sur une durée bien plus longue. Une recharge sur prise domestique perd donc davantage qu’une recharge sur borne. Les ordres de grandeur situent la perte autour de quinze pour cent sur une prise standard. Sur une borne murale, en revanche, elle tombe à une dizaine de pour cent.

Le kilowattheure est facturé au même prix dans les deux cas. C’est la quantité réellement stockée qui diffère. À énergie utile identique, la prise vous coûte donc un peu plus cher.

L’écart ne remboursera pas à lui seul une installation, et nous ne prétendrons pas le contraire. Mais il s’ajoute aux autres arguments. Et il renverse une idée reçue tenace : celle de la prise comme solution économique. Nous avons d’ailleurs consacré un article entier à cette comparaison.

Le vrai levier : votre option tarifaire

C’est de loin l’élément qui pèse le plus, et celui sur lequel vous avez le plus de prise.

L’option heures pleines et heures creuses n’a d’intérêt qu’à une condition : déplacer une part significative de votre consommation vers les heures creuses, généralement autour de trente pour cent. C’est pourquoi beaucoup de foyers restent en option Base. Elle est effectivement plus avantageuse quand rien n’est déplaçable.

L’arrivée d’un véhicule électrique change complètement cette équation. Une recharge nocturne représente à elle seule une consommation importante, entièrement décalée en heures creuses. Elle fait donc franchir ce seuil sans effort. Un foyer qui conserve son option Base par habitude paie alors son électricité plus cher qu’il ne le devrait. Et cela vaut sur toute la maison, pas seulement sur la voiture.

C’est le premier conseil que nous donnons, et il ne coûte rien. Vérifiez votre option tarifaire actuelle sur votre facture, avant même de commander la borne.

Encore faut-il que la charge se déclenche réellement pendant la plage creuse. Cela suppose soit une programmation dans le véhicule, soit une borne capable de piloter ses créneaux. Une borne programmable branchée sans être configurée charge dès que la voiture arrive. C’est-à-dire, souvent, en pleine heure pleine.

Les offres dédiées aux véhicules électriques

Plusieurs fournisseurs proposent désormais des contrats conçus pour les foyers équipés. Les heures creuses nocturnes y sont nettement moins chères que la grille classique, en contrepartie d’heures pleines un peu plus élevées.

L’arbitrage dépend en effet entièrement de votre profil. Ces offres deviennent intéressantes dans un cas précis : la voiture représente une part importante de la consommation du foyer, et la recharge est systématiquement nocturne. À l’inverse, elles perdent leur intérêt pour un petit rouleur, ou pour une maison très consommatrice en journée.

Comparez donc sur votre consommation annuelle réelle, pas sur le prix affiché du kilowattheure en heures creuses.

Le piège de l’abonnement

Un coût passe presque toujours à la trappe dans les comparaisons.

Si votre installation impose d’augmenter la puissance souscrite pour supporter la charge, votre abonnement mensuel augmente. Or cette hausse se répète tous les mois, indépendamment de vos kilomètres. Sur un foyer qui roule peu, elle peut même représenter une part comparable à la consommation elle-même.

C’est pourquoi nous cherchons systématiquement à éviter ce changement. L’idée : répartir intelligemment la puissance disponible, plutôt qu’acheter de la puissance supplémentaire. Nous l’expliquons dans notre article sur le délestage.

Notez au passage que depuis 2025, l’option Base n’est plus proposée à la souscription au-delà de 6 kVA. Une augmentation de puissance implique donc aussi un basculement d’option, ce qui n’est pas neutre.

Domicile, borne publique, essence : les ordres de grandeur

La hiérarchie est stable, seuls les écarts bougent.

À domicile en heures creuses, cent kilomètres coûtent environ trois euros. Sur une borne publique de puissance standard, le tarif au kilowattheure se situe couramment entre 0,25 et 0,45 €. Cela place les cent kilomètres dans une fourchette de cinq à neuf euros. Sur une borne rapide, et plus encore sur une station d’autoroute, on dépasse fréquemment dix euros aux cent kilomètres. On rejoint alors le niveau d’un véhicule essence économique.

L’enseignement pratique n’est pas que la recharge publique est chère, mais qu’elle doit rester l’exception. L’intérêt économique d’un véhicule électrique repose en effet presque entièrement sur un point : recharger chez soi la majorité du temps. C’est précisément ce que finance une installation à domicile.

Combien coûte une charge complète ?

Le raisonnement aux cent kilomètres est le bon pour comparer, mais ce n’est pas celui que les gens ont en tête. La question posée est plutôt : combien me coûte un plein ?

La réponse tient en une multiplication. Prenez la capacité utile de votre batterie, en kilowattheures, puis multipliez par le prix de votre kilowattheure. Une batterie d’une cinquantaine de kilowattheures, rechargée intégralement en heures creuses, représente donc une dépense de l’ordre de huit euros, pertes comprises.

Voici ce que donne ce calcul pour cinq des modèles les plus vendus en France, au tarif de nuit.

Coût approximatif d’une recharge complète en heures creuses (0,158 € le kWh, tarif réglementé de juillet 2026), pertes de charge d’environ 10 % comprises. Chiffres indicatifs, à ajuster selon votre contrat et votre conduite.
ModèleBatterie utileUn plein en heures creusesCoût aux 100 km
Tesla Model Y75 kWh≈ 13 €≈ 2,90 €
Renault 5 E-Tech52 kWh≈ 9 €≈ 2,60 €
Peugeot e-20851 kWh≈ 9 €≈ 2,60 €
Citroën ë-C344 kWh≈ 7,50 €≈ 2,70 €
Dacia Spring27 kWh≈ 4,50 €≈ 2,40 €

En réalité, vous ferez rarement ce plein complet. La recharge quotidienne consiste à remettre ce que la journée a consommé, soit quelques kilowattheures. La somme est dérisoire à l’échelle d’une soirée. C’est d’ailleurs ce qui déstabilise le plus les nouveaux propriétaires. La dépense disparaît dans la facture d’électricité, au lieu d’apparaître d’un coup à la pompe.

Ce que ça donne dans le Gard rhodanien

Quelques particularités locales pèsent sur le calcul.

Les trajets quotidiens du secteur sont plutôt courts. Rejoindre Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit, Orange ou Avignon depuis les communes environnantes dépasse rarement une cinquantaine de kilomètres aller-retour. À ce rythme, la dépense mensuelle de recharge reste modeste. L’essentiel du budget automobile se déplace alors vers l’assurance et l’entretien.

Le réseau de recharge public du département se développe, mais il reste peu dense hors des centres. Compter dessus au quotidien signifie accepter des détours réguliers et un coût au kilowattheure plusieurs fois supérieur. C’est ce constat, plus que le calcul théorique, qui motive la plupart des installations que nous réalisons.

Dernier point, souvent oublié dans le secteur : beaucoup de maisons disposent d’un chauffe-eau déjà asservi aux heures creuses. La plage est donc déjà utilisée, et la recharge vient s’y ajouter. Sur un abonnement modeste, cumuler les deux au même moment suffit à faire déclencher le disjoncteur. Cela se règle toutefois au réglage, plutôt qu’en augmentant la puissance.

Nous intervenons dans un rayon d’environ soixante kilomètres autour de Laudun-l’Ardoise, sur le Gard, le Vaucluse et le sud de l’Ardèche. Vous pouvez d’ailleurs consulter nos installations de bornes de recharge.

Le calcul à faire avant de vous décider

Prenez votre kilométrage annuel, puis multipliez-le par la consommation de votre véhicule aux cent kilomètres. Ajoutez dix pour cent de pertes. Appliquez enfin le tarif de votre contrat, en supposant une recharge nocturne. Vous obtenez alors votre budget annuel de recharge, celui qui apparaîtra réellement sur vos factures.

Comparez-le ensuite à ce que vous dépensez aujourd’hui en carburant. L’écart annuel vous donnera, bien mieux qu’un article, la durée au bout de laquelle l’installation est amortie.

Deux corrections à apporter à ce calcul avant de conclure. D’un côté, l’installation bénéficie de la TVA à taux réduit lorsqu’elle est réalisée par une entreprise qualifiée IRVE. Cela raccourcit d’autant le délai d’amortissement. De l’autre, si votre projet suppose d’augmenter la puissance souscrite, ajoutez cette hausse d’abonnement aux charges annuelles. En effet, elle court aussi longtemps que le contrat.

Et si vous roulez peu, ce calcul vous dira peut-être que l’urgence est ailleurs. Nous préférons que vous le sachiez avant, plutôt qu’après.

Faire estimer mon installation

Qui écrit

ML Elec — Mickael Laville, électricien certifié Qualifelec IRVE, installe des bornes de recharge dans le Gard, le Vaucluse et le sud de l’Ardèche depuis Laudun-l’Ardoise. Les tarifs cités sont à jour à la date indiquée en haut de page et revus chaque février.

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